Honorer les gardiens : Une courte histoire des écogardes en Afrique
- Communication
- il y a 3 jours
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Chaque 31 juillet, le monde de la conservation s'accorde une pause pour rendre hommage à une profession que la plupart des gens ne voient jamais de près : celle des éco-gardes qui arpentent à pied les parcs d'Afrique, jour et nuit, afin que les éléphants, les gorilles, les zèbres et d'innombrables autres espèces disposent encore d'un foyer. Au parc national de l'Upemba, cette journée appartient à nos propres gardes, ainsi qu'à une histoire de protection bien plus vaste qui s'étend à travers tout le continent.

Une profession née de la nécessité
Le rôle que nous appelons aujourd'hui « éco-garde » ou « ranger » a pris forme au début du XXe siècle, lorsque les administrations coloniales à travers l'Afrique ont créé certaines des premières réserves de faune du continent en réponse à l'effondrement quasi total des populations animales dû à une chasse non réglementée. Le parc national Kruger en Afrique du Sud, créé en 1926 sous la direction de son premier conservateur, James Stevenson-Hamilton, en est l'un des exemples les plus connus. Ce fut le début d'une profession structurée dédiée à la protection des espaces sauvages d'Afrique ; une profession qui allait, au cours du siècle suivant, s'étendre à tout le continent et devenir bien plus vaste que les administrations coloniales qui l'avaient initiée.
Bien avant cela, bien sûr, les communautés africaines étaient déjà les premiers gardiens de ces paysages, grâce à des restrictions traditionnelles de chasse, des forêts sacrées et des connaissances écologiques transmises de génération en génération. Le corps moderne des éco-gardes n'a pas inventé la conservation en Afrique ; il a formalisé un devoir de protection que les Africains assumaient déjà depuis des siècles.

Une profession arrivée à maturité
Il aura fallu attendre 1992 pour que les éco-gardes acquièrent une véritable voix internationale, lorsque des associations du Royaume-Uni et des États-Unis ont fondé la Fédération internationale des rangers (IRF). Quinze ans plus tard, en 2007, la Fédération et la Fondation Thin Green Line ont créé la Journée internationale des éco-gardes (World Ranger Day) ; une date choisie spécifiquement pour honorer les gardes tombés dans l'exercice de leurs fonctions et pour attirer l'attention du monde entier sur une profession qui reste, aujourd'hui encore, dangereuse, sous-payée et sous-estimée. Aujourd'hui, on estime à 286 000 le nombre d'éco-gardes qui protègent les parcs de la planète, face à un besoin estimé à un million et demi d'ici 2030 — un écart qui démontre à quel point ce travail a encore besoin d'être soutenu.
L'histoire propre de l'Upemba
Le Parc National de l'Upemba porte cette histoire de manière très directe. Créé par décret royal en 1939, l'Upemba est l'un des plus anciens parcs nationaux d'Afrique ; et ses éco-gardes protègent depuis des décennies certains des derniers éléphants de savane, zèbres sauvages, buffles du Katanga et de nombreuses autres espèces de la RDC à travers des périodes de difficultés extraordinaires.
Cette protection a eu un coût réel. En décembre 2012, le conservateur en chef de l'Upemba, Atamato Madrandele, a été tué dans une embuscade ; une perte qui, pendant des années, a laissé le parc sans les ressources nécessaires pour se protéger correctement. C'est au lendemain de cette période que l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et la Forgotten Parks Foundation ont commencé à reconstruire le corps d'éco-gardes de l'Upemba dans le cadre de leur partenariat de cogestion de 2017, en réentraînant et en rééquipant les hommes et les femmes chargés de sa protection.
Les résultats de cette reconstruction sont visibles aujourd'hui : la population de zèbres de l'Upemba est passée de seulement 35 individus en 2022 à plus de 170, et sa population d'éléphants dépasse désormais les 200 individus — des rétablissements rendus possibles presque entièrement grâce aux éco-gardes qui patrouillent sur les sentiers du parc, suivent sa faune et font barrage au braconnage, année après année..

Le sens de cette journée
La Journée internationale des éco-gardes n'est pas une abstraction pour des parcs comme le nôtre : c'est l'occasion de dire merci à des personnes que nous connaissons par leur nom — les gardes actuellement en patrouille, ceux qui forment la prochaine génération, et ceux que nous avons perdus. C'est aussi un rappel que le travail d'éco-garde, à l'Upemba et partout en Afrique, est devenu bien plus qu'un simple métier. C'est une forme de gérance — enracinée, au sens le plus profond, dans une tradition africaine bien plus ancienne de respect et de protection de la terre.
À chaque éco-garde qui a un jour revêtu l'uniforme, à l'Upemba et au-delà : merci de vous tenir là où peu d'autres oseraient s'aventurer.

Images (du haut): ReWild Africa, Chris Boyes, Anouk Bontoux, Antonio Longangi.




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