De l'Upemba au monde : les zones humides, le bassin du Congo et le site Ramsar de la Lufira
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Les zones humides figurent parmi les écosystèmes les plus productifs de la planète, soutenant discrètement la vie bien au-delà de leurs rives. Elles régulent les cycles de l’eau, stockent le carbone, atténuent les inondations et les sécheresses, et offrent des zones de reproduction à d’innombrables espèces de poissons, d’oiseaux et de mammifères. Dans un contexte marqué par l’accélération du changement climatique et l’érosion de la biodiversité, les zones humides agissent comme de véritables infrastructures naturelles : elles purifient l’eau, stabilisent les sols et soutiennent des moyens de subsistance fondés sur les rythmes saisonniers plutôt que sur l’exploitation intensive. Pourtant, malgré leur valeur, elles comptent parmi les écosystèmes les plus menacés au monde, souvent drainées, polluées ou perçues à tort comme des terres improductives plutôt que comme des systèmes essentiels au maintien de la vie.

Au cœur de l’Afrique, le Parc National de l’Upemba, en République démocratique du Congo, abrite une mosaïque exceptionnelle de zones humides directement connectées au vaste bassin du Congo, l’un des moteurs écologiques les plus importants de la planète. Ces zones humides alimentent les rivières, soutiennent les savanes et les plaines inondables, et forment des corridors essentiels pour la circulation de la faune à travers l’Afrique centrale et australe, comme cela fut longtemps le cas. Elles soutiennent également les pêcheries, les systèmes de pâturage et des pratiques culturelles qui coexistent avec la nature depuis des générations, tout en assurant la stabilité hydrologique régionale. Ce qui se joue dans les zones humides de l'Upemba dépasse largement les limites du parc et influence la sécurité hydrique et la biodiversité à l’échelle de tout le bassin.
Au sein de cet ensemble, le bassin de la Lufira se distingue par sa reconnaissance internationale en tant que site Ramsar, soulignant son importance mondiale en tant que zone humide d’intérêt international. Ce statut reflète non seulement la richesse de sa biodiversité, notamment les oiseaux migrateurs et les espèces endémiques, mais aussi son rôle fondamental dans le maintien de la résilience humaine et écologique. En cette Journée mondiale des zones humides, les zones humides de l'Upemba nous rappellent que leur protection ne relève pas uniquement d’un enjeu local : il s’agit d’une responsabilité partagée. Protéger les zones humides, c’est préserver l’eau, la stabilité climatique et la vie elle-même, de l'Upemba au bassin du Congo, jusqu’au monde entier.

Images: Hugh C. Kinsella, Parc National de l'Upemba - 2025
