Deux pangolins sauvés grâce au geste exemplaire de deux habitants du village Kibula
- Communication
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C’est un geste rare et porteur d’espoir pour la conservation au Parc National de l’Upemba. Deux membres de la communauté du village de KIBULA ont remis volontairement deux pangolins vivants à l’Unité de Gestion du Parc National de l’Upemba (PNU) à l’occasion de la Journée internationale des écogardes, le 31 juillet 2026.
Loin de les vendre ou de les consommer, malgré leur valeur marchande en termes de transaction illicite, les deux jeunes-hommes ont choisi de les protéger. Les deux pangolins, espèce intégralement protégée et en danger critique d’extinction au niveau mondial, ont été pris en charge par l’équipe du Biomonitoring du Parc pour un contrôle avant leur relâchement dans leur habitat naturel en toute sécurité.

Pour saluer cet acte de civisme et d’éco-citoyenneté, une cérémonie de remise de cadeaux « Vivre » a été organisée ce vendredi, 21 août 2026, à Kibula, par l’équipe de Conservation Communautaire. La cérémonie s’est déroulée en présence de notables locaux et a connu une présence hautement symbolique et spécifique du représentant du Chef de Groupement Kalonga (Territoire de Mitwaba/Province du Haut Katanga), à savoir, celle du Chef de Terre Monsieur Augustin Kayeye Mpeti II en personne. Du haut de ses 76 ans, l’autorité coutumière, très respectée, a confié à l’assemblée n’avoir « jamais assisté à un tel événement durant toute sa vie ». Une phrase forte qui témoigne du caractère exceptionnel de l’acte posé par ses administrés : « C’est ma première fois de voir des enfants du village refuser l’argent facile pour sauver un animal légué par nos ancêtres. C’est un exemple à suivre pour toute la jeunesse du Groupement Kalonga », a déclaré le Chef de Terre Kayeye, visiblement ému.
En signe de reconnaissance, les deux citoyens ont reçu des vivres des mains des responsables du parc, par l’entremise du chef de Terre, un geste symbolique fort visant à encourager la protection des espèces menacées. Les deux secouristes des pangolins ont acquis un kit de « Vivre » composé d’articles essentiels pour l’amélioration des conditions de vie de leur ménage : un sac de farine de maïs, un bidon d’huile de table, un sac de riz et un paquet d’allumettes offerts par le Parc National de l'Upemba.
Pour le Conservateur et Responsable de la conservation communautaire du Parc National de l'Upemba, cet acte édifiant est, non seulement, le résultat direct d'une série de sessions de sensibilisation intensive menée dans la zone du 12 au 25 juin 2026, mais aussi, le fruit d’une alliance réussie entre le Parc national de l’Upemba et les autorités coutumières qui ont su répercuter les message clés à leurs bases respectives. Cette action démontre également un changement de regard des populations riveraines envers la biodiversité et le travail des écogardes grâce à la mise en œuvre des engagements adoptés par les deux parties pour une surveillance communautaire du Parc.
« Le pangolin est le mammifère le plus braconné au monde. Le fait que la communauté de Kibula nous les remette vivants prouve que le message de sensibilisation passe et que, donc, la faune de l’Upemba commence à être considérée par les populations locales comme un patrimoine commun, une richesse à conserver et un précieux héritages collectifs et non comme un bien sans maitre. Nous voulons vivre harmonieusement à ensemble, homme et faune, sur la même terre léguée par nos ancêtres », a souligné le représentant de l’UG-PNU.
Ce message fort lancé depuis le village Kibula, espérons-le, fera une école pour tous les villages riverains du Parc afin de marquer un tournant décisif et de renforcer le partenariat entre les écogardes et les communautés locales pour une surveillance efficace de la faune sauvage dans le paysage Upemba.

Contributeur:
Conservateur Kambale Mahamba Faustin, Responsable du Département de Conservation Communautaire
Images: courtesy




Une initiative encourageante, mais surtout une piste pour aller plus loin
Cet événement mérite d’être salué. La remise volontaire de pangolins vivants par des membres de la communauté de Kibula constitue un signal fort : elle montre que la sensibilisation, lorsqu’elle est associée à un dialogue réel avec les autorités coutumières et les communautés, peut progressivement faire évoluer les comportements.
Au-delà du geste symbolique et de la reconnaissance accordée aux deux citoyens, cette expérience pose cependant une question stratégique importante : comment transformer ces actes individuels de civisme et d’éco-citoyenneté en un système durable d’engagement communautaire pour la conservation ?
Le véritable défi sera de passer d’une logique de sensibilisation et de récompense ponctuelle à une approche structurée de conservation…