Journée Mondiale des Écogardes : un hommage vibrant aux héros du 3 mars 2026 au Parc National de l’Upemba
- Communication
- 31 juil.
- 2 min de lecture
Contributeur: Conservateur Faustin Mahamba
Chef de Département, Conservation Communautaire
Chaque année, le 31 juillet, la Journée mondiale des écogardes (World Ranger Day) braque les projecteurs sur ces soldats de l'ombre qui protègent la biodiversité de notre planète. En cette année 2026, en République Démocratique du Congo, la célébration n'a pas le goût de la fête : elle porte le deuil, le respect et la mémoire de l'attaque tragique survenue le 3 mars 2026 à Lusinga, au cœur du Parc National de l'Upemba.

En cette journée internationale, la Nation s'arrête pour saluer la mémoire de ces gardiens tombés au champ d'honneur, les armes à la main. Face à la barbarie du braconnage et de l'insécurité, ils ont payé le prix du sang pour défendre la nature. Le secteur de Lusinga était devenu le théâtre d'une violence aveugle. Choisissant de faire face à des groupes armés venus piller les ressources naturelles du parc, nos écogardes savaient à quoi ils s'exposaient. Ils n'ont pas reculé. Ce 3 mars, ces professionnels dévoués ont affronté cette menace alors qu'ils accomplissaient leur mission régalienne et républicaine.
Célébrer la Journée mondiale des écogardes aujourd'hui, c'est d'abord rappeler le coût humain de la conservation au Parc National de l’Upemba. Ces collègues disparus n'étaient pas seulement des gardiens de la faune : ils étaient aussi des pères, des fils, des frères, et les piliers de toute une communauté.
La commémoration de ce 31 juillet met en lumière les défis immenses auxquels font face les rangers du Parc National de l'Upemba, à savoir :
Une guerre asymétrique : les écogardes protègent les éléphants et les écosystèmes uniques des hauts plateaux face à des criminels lourdement armés.
Un engagement total : malgré le danger constant, la relève continue de patrouiller et d'accompagner les communautés locales dans leurs efforts de conservation et de développement socio-économique, guidée par le sens du devoir, du dévouement et du professionnalisme.
Le soutien aux familles : derrière chaque martyr tombé, il y a des veuves et des orphelins que les communautés nationale et internationale ont l'obligation morale de soutenir.
La date du 3 mars 2026 restera gravée comme une page sombre pour la conservation de la nature en RDC, mais aussi comme le témoignage d'un courage absolu.
« Être écogarde au Parc National de l'Upemba, c'est accepter de porter un uniforme qui est à la fois une cible et un symbole de dignité. Les balles de Lusinga ont fauché des lives, mais elles n'ont pas tué l'idéal pour lequel ces écogardes se sont battus. »
La Journée mondiale des écogardes ne doit pas être un simple rendez-vous protocolaire. Le sacrifice du 3 mars 2026 doit servir de catalyseur pour exiger un renforcement drastique des moyens alloués à l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Plus que des discours, ces héros méritent des équipements adaptés, une formation continue et une reconnaissance à la hauteur de leur bravoure. Tombés face aux forces destructrices du braconnage, ces gardiens de la faune et de la flore ont rejoint les rangs des martyrs de la nature.
Aujourd'hui plus que jamais, nous poursuivons votre combat. Reposez en paix, vaillants soldats de la nature. La communauté internationale et le Congo vous saluent.
Cover image: Hugh K. Cunningham




Commentaires