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Protéger les rivières à écoulement libre dans le Bassin du Congo : les leçons de l’Upemba

Contribution: Christine Lain, Directrice et Cheffe de Site


Le 23 mai 2026, l’équipe du Parc National de l’Upemba a eu l’honneur de participer au symposium organisé par Université de Lubumbashi dans le cadre de la Journée Internationale des Poissons Migrateurs, sous le thème : « Connecter les rivières, protéger les cycles de vie : les défis de la connectivité aquatique dans le Bassin du Congo. »


Cet important échange a réuni des scientifiques, des praticiens de la conservation, des universités et des acteurs environnementaux autour d’une question cruciale pour l’avenir du Bassin du Congo : comment préserver la connectivité écologique de nos rivières et les migrations des poissons avant que la fragmentation n’altère irréversiblement ces écosystèmes ?

Pour le Parc National de l’Upemba, cette discussion est particulièrement pertinente. Notre paysage abrite certains des derniers grands systèmes aquatiques relativement intacts de la région, connectés à d’importants réseaux fluviaux qui soutiennent la biodiversité, la pêche et les moyens de subsistance des communautés locales. Pourtant, comme cela a été observé dans plusieurs bassins tropicaux à travers le monde, notamment au Brésil et en Amazonie, la fragmentation des rivières causée par des barrages mal planifiés peut profondément perturber les migrations des poissons, modifier les flux de sédiments, transformer les cycles de crues et affaiblir le fonctionnement écologique de systèmes fluviaux entiers.


L’un des messages les plus forts partagés durant le symposium a été que les mesures technologiques d’atténuation actuellement utilisées sont souvent insuffisantes pour restaurer pleinement les processus naturels de migration des espèces de poissons migrateurs. À travers le monde, les scientifiques reconnaissent de plus en plus que la solution la plus efficace et « positive pour la nature » reste la protection des corridors fluviaux encore intacts et l’évitement de la fragmentation des écosystèmes aquatiques critiques.


Pour le Bassin du Congo, et particulièrement pour des paysages tels que l’Upemba, la priorité aujourd’hui doit donc être la connaissance, la prévention et la planification à long terme. Nous devons encore mieux identifier les routes migratoires, comprendre les cycles de vie des poissons, cartographier les zones de reproduction et évaluer les impacts cumulatifs des futurs projets d’infrastructures avant que des décisions irréversibles ne soient prises. Il est également essentiel d’examiner des alternatives, notamment des projets énergétiques hybrides intégrant le solaire.

La participation du Parc National de l’Upemba à ce symposium a renforcé notre engagement en faveur d’une conservation fondée sur la science et d’une gestion intégrée des paysages. Protéger les rivières ne consiste pas seulement à protéger les poissons ; il s’agit de préserver les processus et l’intégrité écologiques, la sécurité alimentaire, les économies locales ainsi que la résilience de l’un des bassins d’eau douce les plus importants d’Afrique et du monde.


En tant qu’acteurs de la conservation, chercheurs et décideurs, nous partageons tous une responsabilité collective : veiller à ce que le Bassin du Congo ne répète pas les erreurs déjà observées ailleurs. L’avenir de la connectivité aquatique en Afrique centrale dépendra des décisions que nous prenons aujourd’hui.

 

 
 
 

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