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Un regard plus clair sur le très discret Astrild à masque noir de l'Upemba

il y a 10 minutes
2 min de lecture

Pendant des décennies, l'Astrild à masque noir (Estrilda nigriloris) est resté l'un des oiseaux les moins connus de la République Démocratique du Congo. Endémique de la dépression de la Kamalondo dans le sud de la RDC, l'espèce a été décrite pour la première fois à partir de spécimens collectés en 1927, suivis de très rares observations au cours des décennies suivantes. Plus de 70 ans se sont écoulés sans confirmation officielle jusqu'à sa redécouverte en septembre 2023.


L'histoire a franchi une nouvelle étape importante en 2025. Deux observations supplémentaires — environ 20 individus à Mabwe et un individu isolé à Kiminunga — ont confirmé que l'espèce continue d'être présente dans la dépression de la Kamalondo. Plus important encore, l'observation à Mabwe a permis d'obtenir les premières photographies de haute qualité de l'Astrild à masque noirà l'état sauvage, offrant enfin aux chercheurs et aux conservationnistes une vue plus claire de cette espèce particulièrement insaisissable. Les photographies ont été prises par le chercheur Manuel Weber à Mabwe le 8 novembre 2025, lors d'études sur les habitats de zones humides de la dépression de la Kamalondo.

L'espèce a également été enregistrée au lac Kabwe lors d'inventaires antérieurs, mais elle n'a été détectée que sur 3 des 14 sites visités au cours des campagnes de 2023 et 2025. Cette faible détection suggère que l'espèce pourrait avoir une répartition fragmentée, bien que des inventaires plus systématiques soient nécessaires pour comprendre sa répartition réelle et son abondance.


Les recherches estiment qu'environ 4 000 km² d'habitat humide herbeux dans l'aire globale de répartition de l'espèce pourraient être favorables à l'Astrild à masquereau. Cependant, les feux récurrents constituent une préoccupation majeure. Les données satellitaires indiquent que 55 % de cet habitat cartographié a brûlé en 2024 et 64 % en 2025, ce qui signifie que la superficie d'habitat non brûlé et potentiellement favorable peut descendre de manière saisonnière sous la barre des 2 000 km². 


D'autres pressions, telles que la coupe du papyrus, la pollution et les modifications plus larges de l'écosystème des zones humides, affectent également l'habitat dont dépend l'espèce. 


L'Astrild à masque noirest actuellement classé dans la catégorie « Données insuffisantes » (Data Deficient) par BirdLife International et sur la Liste rouge de l'UICN en raison du manque d'informations sur sa population, sa distribution et les tendances de son habitat. Ces nouvelles observations et photographies apportent donc des preuves précieuses pour la recherche future et la planification de la conservation. 


Pour l'Upemba, cette découverte rappelle une fois de plus tout ce qu'il reste à comprendre au sein des zones humides extraordinaires du parc. Un oiseau qui n'avait pas été observé depuis plus de sept décennies est désormais non seulement réobservé, mais photographié dans son habitat naturel. Ces nouvelles images mettent en lumière l'Astrild à masque noiret renforcent le plaidoyer en faveur d'une recherche continue et de la protection des paysages humides uniques de la dépression de la Kamalondo. 


Parfois, l’essence de la conservation réside dans la capacité à percevoir ce qui avait failli être oublié.

 
 
 

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