Journée mondiale de l’hippopotame
- Communication
- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
À l’occasion de la Journée mondiale de l’hippopotame, nous célébrons l’un des géants les plus emblématiques – et souvent les plus mal compris – d’Afrique : l’hippopotame. Massif, au corps en forme de tonneau, souvent visible à demi immergé dans les rivières et les lacs, l’hippopotame commun est à la fois un symbole des eaux sauvages du continent et un gardien essentiel des écosystèmes d’eau douce. Dans les zones humides du Parc National de l’Upemba, sa présence est bien plus qu’un spectacle : elle est le signe d’un écosystème vivant et fonctionnel.Â
L’hippopotame commun peut mesurer jusqu’à 1,50 m au garrot. Les femelles atteignent généralement entre deux et trois mètres de long pour un poids compris entre une et deux tonnes, tandis que les mâles peuvent mesurer près de quatre mètres et dépasser les trois tonnes. Leur espérance de vie avoisine quarante ans. Malgré leur mode de vie largement aquatique, ils figurent parmi les plus grands mammifères terrestres du monde.Â
En République Démocratique du Congo, l’hippopotame est une espèce intégralement protégée. Il est formellement interdit de le tuer, de le capturer, de le chasser, de le poursuivre, de le déranger volontairement ou de le faire fuir sans autorisation scientifique délivrée par le Ministère de l’Environnement et Développement Durable. Cette protection juridique reflète à la fois son importance écologique et sa vulnérabilité face aux pressions croissantes.Â
Les hippopotames dépendent de deux milieux complémentaires. Le jour, ils se reposent dans les rivières, les lacs et les marécages d’eau douce peu profonde, qui protègent leur peau sensible contre le soleil. Seuls les yeux, les oreilles et les narines émergent à la surface, leur permettant de respirer et de surveiller leur environnement. La nuit, ils quittent l’eau pour brouter dans les prairies environnantes, parcourant parfois plusieurs kilomètres à la recherche d’herbes fraîches. Un adulte peut consommer entre 30 et 40 kilogrammes de végétation en une seule nuit.Â
Leur organisation sociale est tout aussi remarquable. Dans l’eau, ils se regroupent en troupes, parfois composées de plus de dix individus, souvent dominées par un mâle territorial qui défend son secteur de rivière. Les femelles et les jeunes évoluent en groupes soudés. Ils communiquent à l’aide de grognements graves et puissants, capables de porter sur de longues distances. Bien qu’ils puissent paraître calmes, les hippopotames comptent parmi les animaux les plus dangereux d’Afrique lorsqu’ils défendent leur territoire ou leurs petits, réagissant avec une force et une rapidité impressionnantes.Â
Au-delà de leur stature imposante, les hippopotames jouent un rôle écologique fondamental. En broutant sur terre puis en retournant à l’eau, ils assurent un transfert de nutriments entre les écosystèmes terrestres et aquatiques. Leurs déjections fertilisent les rivières et les zones humides, soutenant la vie aquatique, notamment les poissons. Les sentiers qu’ils tracent lors de leurs déplacements nocturnes sont ensuite utilisés par d’autres espèces. Véritables ingénieurs de l’écosystème, ils constituent également des espèces indicatrices : leur disparition est souvent le signe d’une dégradation des ressources en eau et des pâturages.Â
Cependant, les hippopotames font face à de nombreuses menaces. La perte d’habitat, notamment l’assèchement des zones humides, la modification des cours d’eau et la pollution, réduit les milieux dont ils dépendent. L’expansion agricole et la proximité croissante des villages augmentent les risques de conflits, en particulier lorsque les hippopotames pénètrent dans les champs à la recherche de nourriture. Le braconnage pour la viande ou les dents accentue encore la pression sur les populations.Â
Protéger les hippopotames, c’est protéger l’eau. Cela implique de préserver les zones humides, de restaurer les berges naturelles des rivières, de lutter contre la pollution et de maintenir des corridors écologiques permettant à la faune de circuler sans empiéter sur les zones habitées. Dans un paysage comme celui de l’Upemba, connecté aux grands bassins hydrographiques du Congo, la conservation des hippopotames est indissociable de celle des écosystèmes aquatiques et des communautés humaines qui en dépendent.Â
En cette Journée mondiale de l’hippopotame, regardons au-delà de la silhouette massive qui émerge à la surface des eaux. L’hippopotame n’est pas seulement un géant des rivières africaines : il est un pilier de l’équilibre écologique. Sa survie dépend de notre engagement en faveur d’une coexistence pacifique, d’une gestion responsable des ressources naturelles et de la protection durable des zones humides qui font vivre nos territoires.Â
Â
Video: Courtesy, Parc National de l'Upemba - 2025
Â
